Les soins de suite et de réadaptation gériatrique

J’arrive donc en mutation, après avoir récupéré les 450 heures que l’hôpital me devait, dans ce tout petit hôpital de campagne… Un Hôpital à visage humain.
Une Nouvelle région, le soleil, les cigales … tout devrait bien se passer.
Le service accueille des personnes très âgées et à pour vocation de les rééduquer afin d’améliorer les conditions de retour à domicile, ré-autonomiser ces personnes fragilisées par quelques épisodes aigus, fractures, deuils …
Mais le vieillissement de la population étant ce qu’il est nous accueillons de plus en plus de personnes très altérées pour qui les chances de réadaptation se réduisent a peau de chagrin.
Je me concentrerai dans ce service, beaucoup sur nos missions de soins palliatifs finalement plus que sur nos missions de réadaptation qui sont bien faibles.
Je suis arrivée avec un dynamisme qui sera rapidement freiné par des habitudes de service bien installées pourtant j’avais bon espoir c’est une équipe jeune.
J’ai plein de projets en tête, moi qui sans cesse ressent le besoin de me former, de faire évoluer nos pratiques, je ne trouvais pas l’écho que j’attendais.
On me dira qu’il faut que je fasse le deuil des urgences (c’était peut être pas faux avec le recul), Qu’ici c’est beaucoup plus cool, mais pour moi qui dit cool ne dit pas immobile.
Puis la fonction publique allant de mal en pis, la nouvelle tarification à l’activité est arrivé le temps des économies a tout prix.
Les économies se faisant forcément au détriment de la qualité des soins prodigués, je me suis révoltée de devoir supprimer le gouter quand on sait le bonheur que ça représente pour les personnes âgées, puis nous avons du demander aux familles de payer les couches .
Mais Quid des personnes qui n’avaient pas de famille ou pas les moyens …
Et pourtant Nos Ainés ont tant à nous apprendre, pour le peu qu’on prenne la peine de les écouter. Malheureusement débordés par les soins à réaliser dans un temps imparti avec une infirmière pour 40 malades ça ne laisse pas beaucoup de temps pour écouter.
C’est pour toute ses raisons que j’ai décidé de quitter le milieu Hospitalier, j’ai passé huit ans au service de la fonction publique hospitalière et elle m’a épuisée. Je suis partie avant qu’elle ait le temps de m’écoeurer complétement.
J’exerce, depuis ce jour là en Libéral (même si je n’aime pas ce mot souvent associé à tiroir caisse), je préfère dire que je suis infirmière à domicile… Repartie dans ma région Natale (parce que le soleil ça fait pas tout) je ne sais pas Aujourd’hui si c’est mon dernier mot, seul l’avenir me le dira … mais pour l’instant ça me va .