Le centre de traitement des conduites addictives

J’intègre ce service d’abord en unité d’hospitalisation complète où on accueille un maximum de 9 patients essentiellement pour des sevrages de toxicomanie aux opiacés, à la cocaïne, aux benzodiazépines et des sevrages de traitement de substitution (méthadone et Subutex). J’approche une population qui m’est jusqu’alors complétement inconnue, et qui comme chacun le sait est victime de nombreux préjugés.
Les conditions de travail sont satisfaisantes, l’équipe est jeune est très pluridisciplinaire. L’accueil qu’on m’y réserve est très agréable, je suis très bien encadrée, et on me fait découvrir les « ficelles du métier » parce que la population accueillie a ceci de spécifique : les toxicomanes repèrent très vite les nouveaux professionnels et peuvent être très manipulateurs.
Je me sens rassurée, encadrée par des « anciens » infirmiers de secteur psychiatrique qui ont fait le choix de travailler dans cette équipe et qui se sont formés volontairement à la prise en charge des conduites addictives.
Si je ne devais avoir retenu qu’une chose de cette expérience c’est que l’essentiel de la prise en charge repose sur la cohésion et d’équipe et le discours unique.
Au bout de 6 mois, j’ai été formé à la consultation infirmière. Dans ce centre chaque personne se présentant pour une quelconque demande est reçu en première intention par un infirmier(e) qui établit une fiche contact. Si la prise en charge se poursuit, il devient l’infirmier référent.
J’ai été très impressionnée de la diversité des demandes lors de mes premières consultations en solo, je n’avais pas toujours les réponses, mais toujours mon infirmier « parrain » pour m’aider.
J’ai reçu en consultation des adolescents, des adultes jeunes ou moins jeunes, des hommes et des femmes en obligation de soin, des parents inquiets…
Ce remplacement s’est terminé de manière très inattendu un vendredi soir après un coup de fil du directeur des soins …
Je n’étais pas titulaire, et pour ce faire il fallait que je sois positionnée sur un poste vacant.
On m’a donc imposé de prendre un poste dès le Lundi suivant au Service des Urgences de l’Hôpital.
Immense déception pour moi qui envisageait plus de travailler en Soins Palliatifs que dans un service de haute technicité.
Mes larmes n’y ont rien fait, je n’avais pas le choix…