Vous faites un si beau métier…

Combien de fois l’ai-je entendu depuis bientôt 20 ans, même un peu plus si je compte les années d’études…
Et pourtant…

Chaque jour qui passe me rappelle aussi que c’est un métier d’une infinie violence.
Chaque jour, faire face à la maladie, à la mort parfois violente voire très violente.
Chaque jour voir des familles, des patients s’effondrer, hurler à l’injustice d’un accident, d’un diagnostic.

Alors vous me direz oui mais en choisissant ce métier tu le savais…
Oui mais à l’école on m’a sagement enseigné qu’il fallait savoir garder la juste distance, qu’ainsi je serai moins touchée….

Alors soit je n’ai pas bien écouté la leçon, soit on ne m’a pas donné le bon mètre.
Mais il m’arrive encore souvent de souffrir.
Comment met-on de la distance face à une mère qui pleure la perte d’un enfant.
Comment oublie-t-on ce regard du patient à qui on annonce un diagnostic épouvantable.
Comment oublier l’image de ce nourrisson sur le lit de son père mourant.
Comment oublier ce bonjour qui résonne dans le vide d’une maison, le patient pendu au bout d’une corde…

Vous pouvez poser la question à n’importe quel soignant, nous avons tous des fantômes, de ces situations dont on se souviendra sans aucun doute jusqu’à la retraite et au-delà.

Puis nous avons vu aussi apparaître de manière exponentielle la violence des patients, des familles, violence verbale et parfois physique, des agressions en tout genre, des moi je veux tout, tout de suite et rien que pour moi, comme dans la société en quelque sorte …

Depuis déjà quelques années, à cette violence professionnelle, s’ajoute la violence institutionnelle celle qui fait que les jeunes diplômés se retrouvent seul dans les unités de soins, à gérer les soins et tout ce qui tourne autour sans l’appui d’une oreille expérimentée qui pourra répondre aux doutes…

Ce manque cruel de personnel dans les unités de soins qui fait qu’on impose aux soignants et aux malades des cadences infernales, cette bureaucratie énergétivore qui empêche de s’asseoir un quart d’heure auprès du patient juste pour l’écouter…

Cette violence quand on culpabilise un soignant qui hésiterai à venir remplacer un collègue déjà épuisé…

Pourtant d’épuisement on en parle, c’est même un sujet à la mode, le burn-out, l’état a même crée une plateforme d’écoute pour soignants en souffrance après que de nombreux soignants aient choisis la destination finale…

Et pourtant nous ne voyons pas l’ombre d’une solution se dessiner, chaque jour des gens abandonnent face à la difficulté de ne pas y perdre ses valeurs humaines.

Alors Oui nous faisons un métier formidable mais pas que … Merci de ne jamais l’oublier

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